Le paradoxe de l'action.
High Agency et Bref 2
Hier, avant mon rendez-vous chez le dentiste, j’ai eu une idée de vidéo :
Organiser un concours de gainage (avec quatre montants différents à gagner) pour mesurer les écarts de performance.
L’hypothèse de départ était simple :
Plus la somme à gagner est élevée, plus les gens se dépassent.
Il n’y avait alors pas une seconde à perdre.
Mais rapidement, le doute s’est installé.
Ce n’est pas très intéressant, ça ne va pas marcher, je ne sais pas comment faire…
En général, c’est là que le virus commence à s’infiltrer dans nos têtes.
Le virus de la réflexion à outrance… et donc, de la paralysie.
Heureusement, cette fois, je ne me suis pas laissé faire.
Dès le début de l’après-midi, je suis parti tourner la vidéo et le soir même, elle était en ligne.
J’essaie de cultiver au maximum ce biais pour l’action.
Et dans cette newsletter, voyons pourquoi c’est aussi important — et surtout, comment l’utiliser intelligemment.
(PS : La vidéo est dispo ici.)
Un certain Ryan McEntush a dit un jour :
"Il n'y a que deux métiers au monde : construire ou vendre. Si vous n'exercez ni l’un ni l’autre, vous n’êtes qu’une dépense."
Dans chaque domaine, il y a des parleurs et des acteurs.
Les parleurs créent des groupes de discussion, partagent des idées, émettent des théories, parfois même des projets.
Ils réfléchissent beaucoup… mais agissent peu.
Pourquoi ? Souvent par peur. Par manque de courage. Par crainte de se confronter au réel.
Agir dans le réel, c’est risquer de se faire corriger. C’est échanger une belle hypothèse contre un retour brutal mais honnête.
Les acteurs, eux, n’attendent pas. Ils concrétisent. Ils testent. Ils se plantent, mais avancent.
Mais ne tirons pas de conclusions trop rapides.
Les parleurs ne sont pas inférieurs aux acteurs.
Les choses qui comptent vraiment dans la vie sont souvent ambivalentes. Voilà à peu près tout ce que je peux dire. — Haruki Murakami
Une autre distinction intéressante, c’est celle entre artisan et architecte.
L’artisan passe son temps à faire. L’architecte, à planifier.
Mais sans l’un, l’autre n’est rien.
C’est pareil entre action et réflexion.
Et c’est là toute la complexité.
Il y a quelques jours, j’ai découvert un concept que j’adore : HIGH AGENCY.
Je le traduirais par : la capacité d’un individu à modeler le réel à son image.
Il y a un super article de George Mack sur le sujet :
Voici les trois qualités clés à développer pour accéder à ce niveau :
Clear thinking – une pensée claire, sinon on fonce tête baissée dans de mauvaises directions.
Bias to action – une tendance à agir, sinon les idées restent au stade de rêve.
Disagreeability – la capacité à dire non, à ne pas se conformer, à penser par soi-même.
Et comme tu le vois, c’est un mélange de qualités qui, au premier abord, semblent contradictoires.
Comment peut-on agir vite, tout en pensant clairement ?
On n’est pas tous Warren Buffet, capables de réfléchir 364 jours pour agir 1 seul.
Et franchement… qui voudrait passer 99 % de son temps à réfléchir ? Je passe mon tour.
Mais alors, comment faire pour concilier les deux ?
Comme tu le sais sûrement, le cerveau est, par nature, prédictif.
Il tente de comprendre ce qui pourrait se produire pour mieux s’y préparer.
Le problème, c’est que la plupart de ses prédictions sont fausses.
Combien de fois as-tu pensé que ça allait se passer d’une certaine manière, et au final, c’était complètement différent ?
Tu t’attends à une soirée nulle, et au final, tu rencontres la femme de ta vie.
Parfois, c’est une belle surprise.
Parfois, c’est l’inverse.
C’est le problème majeur qu’on rencontre dans des périodes à dominance théorique et réflexive.
On fait de la théorie sur de la théorie.
Pour cette raison, l’itération avec le réel est indispensable.
C’est elle qui nourrit le mieux la réflexion.
Je dirais même que l’action doit toujours précéder la réflexion parce que sinon, sur quoi pouvons-nous réfléchir ?
C’est comme ça aujourd’hui que je trouve personnellement mes meilleures idées.
Je me mets en action, par exemple en faisant des pompes avec un pote, en allant boire un verre avec un mathématicien ou encore en lançant un studio vidéo.
Et comme par magie, des idées naissent.
Un piège dangereux dont j’aimerais parler est l’illusion du progrès.
Bref 2 en est un bon exemple.
Tu regardes un mec qui remet de l’ordre dans sa vie, donc inconsciemment, tu crois que tu fais la même chose.
C’est pareil avec les vidéos de développement personnel ou encore certains livres.
Une meilleure compréhension, à elle seule, ne suffit pas pour opérer un changement.
Cependant, et c’est là tout le paradoxe, sans ça, tu ne pourrais même pas envisager qu’un changement soit possible.
Sans un minimum de compréhension, tu n’agis pas.
Maintenant, le dilemme est de réussir à réduire au maximum le temps entre les deux.
Pendant ma pause de 4 mois sur les réseaux, j’ai passé un temps immense à réfléchir sur de grandes questions.
Résultat : JE N’AI PRESQUE RIEN TROUVÉ.
Désolé Dali, mais non…
Tu ne sauras pas pourquoi tu es sur Terre, ni même pourquoi tu t’es fracturé la 5e cervicale à 18 ans.
Quand on se force à trouver des explications, il n'en sort que des mensonges.
J’en tire alors une conclusion :
Ce n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir ce genre de réponse pour faire des trucs.
Les grandes questions, tu peux les garder dans un coin de ta tête, mais ne pense pas qu’il faille attendre de les résoudre pour bouger.
Tu vas en avoir pour un paquet de temps, beaucoup trop.
Pour le reste, je crois que ça vaut toujours le coup d’être dans l’action.
Impatience avec les actes, patience avec les résultats. Naval.
Pour la suite, j’aspire vraiment à développer un haut niveau d’AGENCY parce que ce sont les gens que j’admire le plus.
Les gens qui font (mais toujours avec une pointe d’intelligence).
Et le meilleur moyen de tendre vers ça, je crois qu’il n’a pas changé…
L’ENVIRONNEMENT.
C’était Dali.
Ps : Tu peux débloquer l’accès à vie à mon second cerveau pour 20 euros, avec + de 700 notes autour de la création de contenu, la psychologie ou encore la santé.
C’est une mine d’or que je construis brique par brique depuis 3 ans.
A bientôt.







Les psychologues, médecins et éducateurs ne sont ni des constructeurs ni des vendeurs. Et pourtant il ne pas uniquement une dépense... Pour le reste je suis d'accord que réduire le temps entre action et réflexions est une grande piste d'amélioration !
De très bons sujets de réflexions, j'ai adoré !